Deux règles ont changé récemment, et beaucoup de sites affichent encore les anciennes. Voici ce qui est réellement mobilisable aujourd'hui — et quoi faire quand le CPF ne suffit pas.
Vous travaillez déjà auprès de personnes âgées ou handicapées dépendantes. Vous faites le travail. Il vous manque le diplôme.
La VAE permet de le faire reconnaître sans retourner à l'école et sans arrêter de travailler. La question qui bloque n'est presque jamais l'éligibilité — c'est le financement.
« Il faut un an d'expérience minimum. » C'est faux depuis le 21 décembre 2022 : la loi n° 2022-1598 a supprimé la condition de durée minimale d'un an, soit 1 607 heures. Il suffit désormais de justifier d'une expérience — professionnelle ou extra-professionnelle, salariat, bénévolat, stages, périodes de mise en situation — en rapport direct avec les activités du référentiel du diplôme visé.
« France Travail finance la VAE. » Plus depuis le 8 mai 2026 : l'aide au financement de la VAE est supprimée. Le portail France VAE ne finance pas non plus — il oriente, il ne paie pas.
Les associations Transitions Pro peuvent de nouveau financer un parcours de VAE, sur la base d'un forfait de 2 000 €, pour les salariés du secteur privé. C'est tout récent, et le site national de Transitions Pro affiche d'ailleurs encore un avis de suspension périmé. Voir le détail plus bas.
Il y a donc quatre voies. Elles fonctionnent, mais il faut les enclencher dans le bon ordre.
Votre compte personnel de formation est alimenté chaque année travaillée. L'accompagnement à la VAE en fait partie : il est mobilisable directement sur Mon Compte Formation.
Une participation forfaitaire reste à votre charge lors de l'inscription, en plus du solde mobilisé. Son montant est fixé par l'État et revalorisé chaque année.
Deux cas d'exonération de cette participation : les demandeurs d'emploi, et les personnes dont la formation est co-financée par leur employeur. Ce second point est important — gardez-le en tête pour la voie suivante.
C'est la situation d'environ une candidate sur deux, et c'est là que la plupart s'arrêtent. À tort : un solde insuffisant n'est pas un refus, c'est un complément à trouver.
Si vous êtes salariée du secteur privé, lisez ce passage avant tous les autres.
Depuis le 30 juillet 2026, les associations Transitions Pro peuvent financer un parcours de VAE sur la base d'un forfait de 2 000 €. C'est le décret n° 2026-678 du 27 juillet 2026 qui l'a rétabli — le dispositif avait été suspendu au début de l'année.
Les salariés de droit privé : CDI, CDD, intérimaires, intermittents. Aucune condition d'âge ni de diplôme.
Transitions Pro demande en revanche de justifier de 12 mois d'expérience en rapport direct avec la certification visée. Pour les CDD, intérimaires et intermittents, la demande doit être déposée dans les 12 mois suivant le dernier contrat.
Ces 12 mois sont une condition posée par Transitions Pro pour vous financer. Ce n'est pas une condition pour faire une VAE : la durée minimale d'expérience exigée pour la recevabilité est abrogée depuis décembre 2022. Avec moins de 12 mois, vous pouvez tout à fait engager une VAE — il faudra simplement passer par une autre voie de financement.
Ce n'est pas un droit automatique. Le décret prévoit expressément qu'une demande peut être refusée si elle ne correspond pas aux priorités de l'association, ou si celle-ci ne peut pas satisfaire toutes les demandes — autrement dit si son budget est épuisé. Chaque région a ses propres priorités et sa propre enveloppe.
Un refus doit être motivé par écrit, et un recours est possible dans les deux mois avec de nouveaux éléments.
Deux points pour ne pas être surprise : la VAE se déroule hors temps de travail, sans maintien de salaire par ce dispositif. Et le site national de Transitions Pro affiche encore un avis de suspension datant du début d'année — ce sont les sites régionaux qui font foi.
C'est celle dont on parle le moins, et c'est souvent la plus rapide.
Ce n'est pas une faveur que vous demandez. Une structure qui emploie des professionnels « faisant fonction » sans le diplôme a un intérêt direct à les qualifier :
| Montage | Ce que ça donne |
|---|---|
| L'employeur complète votre CPF (abondement) | Votre solde est utilisé, l'employeur verse la différence. Vous êtes alors exonérée de la participation forfaitaire |
| L'employeur finance en totalité | Le parcours passe au plan de développement des compétences. Votre CPF n'est pas entamé et reste disponible pour plus tard |
Le second est souvent préférable pour vous : vous conservez vos droits.
Le bon interlocuteur est le responsable des ressources humaines ou, dans une petite structure, la direction directement. Le moment compte : les plans de formation se construisent surtout entre janvier et avril. Une demande faite en décembre a de bonnes chances d'être renvoyée à l'année suivante.
Objet : Demande de prise en charge d'un accompagnement à la VAE — Diplôme d'État d'Aide-Soignant
Madame, Monsieur,
J'exerce au sein de [nom de la structure] depuis [durée], au poste de [intitulé].
J'y assure au quotidien l'accompagnement des personnes dans les actes de la vie quotidienne, la surveillance de leur état clinique et la transmission des informations à l'équipe — des activités qui relèvent du référentiel du Diplôme d'État d'Aide-Soignant.
Je souhaite faire reconnaître cette expérience par la validation des acquis de l'expérience (VAE) et solliciter à ce titre une prise en charge au titre du plan de développement des compétences.
Les modalités me permettent de rester pleinement en poste : l'accompagnement se déroule entièrement à distance, par séances de deux heures espacées d'environ quinze jours, pour un volume total de 24 heures.
Cette démarche présente un intérêt direct pour l'établissement : elle qualifie un agent déjà en poste, connaissant les résidents et les équipes, et contribue à sécuriser les effectifs soignants.
L'organisme que j'ai identifié, ALYS FORMATION, est certifié Qualiopi et référencé auprès de France VAE. Il peut vous transmettre un devis et un programme détaillé, ainsi que les éléments nécessaires à une demande de prise en charge auprès de votre OPCO.
Je reste à votre disposition pour en échanger.
[Prénom NOM] — [date] — [signature]
Conseil pratique : remettez ce courrier en main propre et gardez-en une copie datée. Si la réponse tarde, relancez au bout de trois semaines. Un silence n'est presque jamais un refus, c'est un dossier au bas d'une pile.
Si aucune des deux premières voies n'aboutit, le parcours reste finançable sur fonds propres. Le paiement en plusieurs fois est possible : les modalités s'abordent lors de l'entretien préalable, avant tout engagement.
À vérifier aussi de votre côté, selon votre situation : certaines Régions ouvrent des aides à la VAE, et certaines mutuelles ou comités sociaux et économiques disposent d'une ligne formation. Cela se vérifie auprès de votre Région de résidence et de votre CSE — ce ne sont pas des droits automatiques.
Pour aller plus loin : les conditions réelles de recevabilité, comment se rédige le livret 2, et le détail de l'accompagnement VAE DEAS.
À partir de 1 980 € net de TVA pour 24 heures d'accompagnement individuel à distance (exonération au titre de l'article 261-4-4°a du CGI).
Le parcours et le tarif sont ajustés à votre situation lors de l'entretien préalable : selon le temps dont vous disposez, votre aisance à l'écrit et le besoin ou non de passer l'AFGSU 2. Un devis individuel vous est remis avant tout engagement. Le paiement en plusieurs fois est possible.
Le détail des parcours figure sur la page VAE DEAS.
Cinq diplômées ont accepté de répondre à trois questions. Leurs réponses sont reproduites telles qu'elles nous ont été transmises et publiées avec leur accord. Les prénoms ont été modifiés pour préserver leur anonymat.
Ce qui me faisait peur : savoir si j'allais réussir à gérer vie de famille, travail et VAE en même temps.
Ce qui m'a le plus aidée : les détails dans les explications du livret, les corrections, et toutes les réponses apportées quand on pose des questions.
Mon conseil : « Foncez les yeux fermés. J'ai perdu énormément d'années à douter, et au final tout s'est bien passé du début à la fin. »
Sandrine L. — aide-soignante diplômée par la VAE
Ce qui me faisait peur : ne pas y arriver, ne pas savoir mettre en valeur mon expérience, et devoir tout recommencer si je n'étais pas à la hauteur.
Ce qui m'a le plus aidée : « Votre patience, vos conseils, et surtout le fait que vous m'avez guidée étape par étape. Vous avez su me rassurer quand je doutais et m'aider à prendre confiance en moi et en mon expérience. »
Mon conseil : « Même si au début on doute de soi, avec un bon accompagnement et de la motivation, c'est totalement possible. Aujourd'hui, je suis diplômée d'un métier que j'exerce depuis plusieurs années et j'ai enfin une reconnaissance officielle de mon expérience. C'est une vraie fierté. »
Corinne M. — aide-soignante diplômée par la VAE
Ce qui me faisait peur : ne pas pouvoir suivre le rythme — travailler en structure et étudier en parallèle.
Ce qui m'a le plus aidée : la motivation que l'accompagnante m'a apportée, l'encouragement, les explications des blocs et des modules, et sa disponibilité.
Mon conseil : « Lancez-vous sans hésitation. »
Djamila T. — aide-soignante diplômée par la VAE
Ce qui me faisait peur : passer devant le jury pour l'oral, et l'échec.
Ce qui m'a le plus aidée : avoir une bonne pédagogue, toujours disponible et encourageante.
Mon conseil : « Donnez-vous une chance et foncez. On ne finit jamais d'apprendre, et si on échoue on peut se relever — on ne perd rien à essayer. »
Aurélie R. — aide-soignante diplômée par la VAE
Ce qui me faisait peur : ne pas pouvoir réussir.
Ce qui m'a le plus aidée : le fait que les choses soient expliquées simplement.
Mon conseil : « Foncez — une fois dedans, c'est fluide. Tout est possible dans la vie. Et si on commence, il faut aller jusqu'au bout : même si on ne l'a pas du premier coup, on finit par l'avoir la deuxième fois. »
Nathalie V. — aide-soignante diplômée par la VAE
Aucune n'a parlé de son niveau scolaire. Ce qui les inquiétait, c'était le temps — tenir le rythme entre le travail, la famille et la rédaction — et le doute d'en être capable. C'est exactement ce que l'accompagnement est fait pour tenir : une activité à la fois, une séance toutes les deux semaines, et quelqu'un qui vous dit ce qui manque avant que ce soit le jury qui le dise.
ALYS FORMATION est noté 5 étoiles sur Google, sur 11 avis déposés par ses candidates.
Huit pages qui répondent aux questions qu'on se pose avant de se lancer — sans jargon, et à jour de 2026.
Un entretien gratuit de 30 minutes pour étudier votre éligibilité et construire votre plan de financement.
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